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MANIF CONTRE TOUTES LES EXPULSIONS (intersquats)

place du Châtelet

MANIF CONTRE TOUTES LES EXPULSIONS (intersquats)

place du Châtelet

Samedi, 27 Mars 2021 - 03:00 PM
(fin le Samedi, 27 Mars 2021 - 06:00 PM)

Fuseau horaire: Atlantic/Reykjavik


ninaa

ninaaMembre du forum Membre actif

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Fev 2014
Tract du collectif Prenons la ville pour la manif parisienne du 27 mars
2021:
https://fr.squat.net/wp-content/uploads/fr/2021/03/2021-03-27_PLV_manif_logement-tract-A4RV.pdf

> MANIFESTATION POUR LE LOGEMENT, CONTRE TOUTES LES EXPULSIONS
RDV samedi 27 mars 2021, à 15h, pour se joindre au cortège intersquat,
place du Châtelet, Paris Ier (métro Châtelet ou RER Châtelet Les Halles)

Il y a en France près de 300 000 personnes sans domicile fixe (à la rue
ou dans des dispositifs d’hébergement d’urgence) pour plus de 3 millions
de logements vides. Rien qu’à Paris intra-muros, 8% à 17% des logements
sont vides, soit entre 113 000 et 232 000 biens immobiliers. Et on
devrait se contenter d’attendre que l’État trouve des solutions à tout
ça, comme au reste ?

L’État veut maintenir la population sous sa tutelle. À travers les
siècles, l’organisation étatique et capitaliste de la société a réussi,
en grande partie, à nous déposséder des moyens de vivre de façon
autonome, notamment par la spécialisation et la division du travail. Ce
qui est nécessaire à la vie quotidienne est presque entièrement
monopolisé par l’économie capitaliste (de la production alimentaire à la
médecine, en passant par l’accès à l’eau, la fabrication et la
réparation de plein de choses utiles). Cette logique fait de nous des
prisonnier·e·s d’un système sans échappatoire, la quasi totalité de la
planète ayant été colonisée par l’exploitation et la domination. Il n’y
a pas d’issue sans perspectives révolutionnaires.

Il en est de même pour le logement. Tout est organisé sous le régime de
la propriété privée (dont la propriété « publique » d’État est le
parfait complément pour maintenir les inégalités sociales). Pour se
loger, la population est dépendante du pouvoir de l’État : tout bâti est
dépendant de permissions institutionnelles et d’un titre de propriété.
Une hiérarchie bien établie perdure : l’État, qui surplombe tout, les
multi-propriétaires (promoteurs, spéculateurs, ceux qui encaissent un
max de thunes), les agences immobilières qui servent d'intermédiaires,
les petits propriétaires, les locataires, les mal-logé·e·s, les SDF.

Si on trouve aberrant de devoir payer un loyer à des individus ou
agences qui sont largement plus riches que nous, si on refuse de se
soumettre à ce système, on se retrouve souvent dans l’illégalité puisque
les lois et les droits sont mis en place par ceux qui ont tout intérêt à
préserver les logiques marchandes.

Revendiquer auprès de l’État un adoucissement de ces inégalités, c’est
croire que l’État puisse être un interlocuteur valable, alors qu’il nous
écrase. C’est aussi participer au mythe de l’État social, au mensonge du
dialogue entre l’État et ses « partenaires sociaux », au bluff de la
démocratie participative. Tout cela ne fait qu’entériner notre
dépendance à l’État.

Selon nous, il y a plus à gagner par la débrouille et les combines du
quotidien, par l’entraide et l’action directe, hors de tout contrôle
étatique, capitaliste, institutionnel ou syndical.

Pour ce qui est du logement, la pratique du squat, par l’occupation de
terrains et de bâtiments, est répandue depuis des décennies. C’est une
pratique de résistance au rouleau compresseur immobilier et au régime de
la propriété privée.

C’est évidemment aussi un moyen de survie, une façon de se loger quand
on n’est pas propriétaire et qu’on n’a pas les moyens de payer un loyer.
Enfin, c’est un moyen d’organisation collective, pour les luttes et pour
le plaisir, quand toutes les villes ne sont constituées que d’espaces
marchands et sécuritaires. Alors malgré les offensives immobilières,
politiciennes et médiatiques, il y a toujours des squats, des
occupations de bâtiments vides et de terrains abandonnés ou menacés par
des projets d’urbanisation. Ce sont pour nous des pratiques qui ont du
sens et que nous soutenons.

À coté de ça, de nombreuses personnes galèrent pour payer leur loyer,
vivent dans des conditions difficiles, sont forcé·e·s à déménager loin
de leur quartier à cause des processus de restructuration et
d’embourgeoisement que connaissent presque toutes les grandes villes de
France, notamment Paris et pratiquement toute sa banlieue proche. Il
nous semble nécessaire de réfléchir et agir pour que le rapport de
forces entre locataires et propriétaires change (en attendant d’en finir
définitivement avec la dichotomie propriétaires-locataires). Une
pratique ancienne mais aujourd’hui assez peu courante nous semble
importante à remettre au goût du jour : la grève des loyers. Celle-ci
demande de l’organisation collective, de la solidarité et de la
détermination. Mais quoi de plus logique quand on galère à payer son
loyer ? Quoi de plus logique quand on considère qu’il est absurde de
donner de l’argent à des gens plus riches que soi simplement pour dormir
sous un toit ?

Autre aspect nécessaire à toute lutte sur la question du logement : la
résistance aux expulsions, qu'il s'agisse de squats, de logements loués,
de bidonvilles ou de terrains occupés. La solidarité et la détermination
peuvent repousser la date effective de l’expulsion. Forcer les
propriétaires à payer un huissier, puis à obliger la préfecture à faire
recours aux flics, c’est ralentir tout un processus qui expulse à tour
de bras, montrer qu’on est solidaires et qu’on ne lâche pas l’affaire
(que l’on soit menacé·e·s d’expulsion ou simplement en soutien).

Si vous voulez vous organiser sur ces questions de lutte pour le
logement, ou si vous faites déjà partie d’un collectif en lutte, vous
pouvez nous contacter ou nous rencontrer directement, notamment chaque
premier mardi du mois à l'AERI.

Collectif Prenons la ville (Montreuil-Bagnolet 93)

Contact mail :
degage-onamenage@riseup.net

Rencontres mensuelles :
chaque premier mardi du mois, de 17h à 20h, à l’AERI (57 rue Étienne
Marcel, à Montreuil)