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Nos identités sont-elles politiques?

Discussion dans 'Féminisme et luttes d'émancipations LGBTQ' créé par anarkia ou l'un de ses multicomptes, 12 Novembre 2018.

  1. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  2. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Pour se poser la question non. Mais les réponses qu'on y trouve on beaucoup à voir avec les idéologies qui ont notamment été portées par des philosophes. Et ce qu'on les ai lus ou pas.

    Ce qu'on dit est lié sans l'être. C'est lié d'une certaine manière puisque je pourrais rétorquer que justement c'est une question philosophique de savoir ce qui te dicte ton comportement et que quand tu choisis de baiser avec telle ou telle personne ce n'est pas parce que tu te sens libre que ce choix n'a pas été dicté par ta socialisation.

    D'un autre côté c'est pas lié puisque les motivations réelles des choix ne sont pas du tout des justifications. Déjà on n'a pas conscience parfaitement de tout ce qui détermine nos choix. Ensuite il ne s'agit pas de juger moralement du bien fondé ou non de ces raisons, simplement de les expliquer. Quand on dit que la gravité est causée par la déformation de l'espace-temps on ne dit pas "bah c'est une bien mauvaise justification pour la pomme qui tombe, elle a tort". Je le vois comme ça plutôt.

    L'enjeu par contre c'est justement sur cette nuance entre justification et motivations réelles puisque ça veut dire qu'une personne donnée se fait aussi, partiellement, des illusions sur ses propres raisons d'agir. Et effectivement ça peut être conflictuel, la personne peut refuser d'admettre que d'autres théories que les siennes expliquent mieux ses propres comportements.

    Pas nécessairement. Proudhon est pour la libre-entreprise et la concurrence. L'autogestion, qui s'inspite de Proudhon, avec l'anarcho-syndicalisme sont aussi ambigus sur ce sujet. Tous les anarchistes ne sont pas contre la propriété privée ni la monnaie, contre le fait de monter sa coopérative ou son entreprise en choisissant soi-même ce qu'on produit en ne se fiant qu'à ses desirs sans considération pour les besoins de la société. Ce sont des exemples.
    Mais on ne peut pas déconnecter le libéralisme économique du libéralisme philosophique.

    Oui j'aime le materialisme dialectique.
     
  3. ninaa
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  4. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Puisque je ne me pose aucune question d'ordre idéologique concernant mes choix personnels de vie je ne m'intéresse pas à des réponses que je n'ai jamais demandées...
    Les seules questions d'ordre idéologique que je pourrais me poser seraient de savoir si ça peut nuire à autrui, s'il y a contrainte physique morale ou sociale. Mais ce sont des questions auxquelles il est facile de répondre: pas besoin de lire les philosophes pour comprendre qu'il ne faut pas baiser avec quelqu'un qui n'en a pas envie.

    J'en sais rien vu que je me fous totalement de savoir si ce choix de baiser avec telle ou telle personne a été dicté par ma socialisation: je veux seulement savoir si j'en ai le désir ou pas.
    Quand je baisais sans en avoir envie, je ne me suis pas posé de questions philosophiques ou politiques: en brave fille de prolo inculte je me suis seulement dit à un moment donné: "J'en ai marre de me faire sauter sans plaisir, la prochaine fois je baiserai avec un mec qui m'attire."
    Sans me prendre la tête pour savoir si ce désir viendrait de ma socialisation etc. etc. etc. Et je m'en suis trouvée fort bien au final. C'est quand je ne prenais pas de plaisir que je me prenais la tête.
    Quand c'est bon et que ça ne fait de mal à personne, pourquoi perdre son temps à se demander pourquoi?
    Mais si ce qui te fait prendre ton pied c'est cogiter sur le sujet, pourquoi pas, chacun son truc! :)

    Je ne considère pas Proudhon comme un bon exemple d'anarchisme:

    Anarchiste et sexiste, c'est possible?
     
  5. ribouldingue
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  6. libertaire, autonome
    Ben je disais que ca me surprend parce que c'est une méthode dépassée, qui a surtout été idéologie d'Etat. Et dans les pires dictatures du 20e, exception faite du nazisme. Mais en fait, c'est même pas une méthode ni un modèle pertinent du point de vue scientifique puisque non vérifiable, non testable,etc. C'est au pire sens du temre une idéologie. Voilà pourquoi cela me surprend d'autant que je suis en partie d'accord avec ce que tu dis sur d'autres choses.

    Après, je suis pas là pour faire la morale. Si des membres du forum disaient aimer Heidegger, ça se vaudrait pour moi. Quand on met bouts à bouts les victimes du bolchevisme, leur nombre dépasse haut la main celui des victimes du fascisme. Pourtant ce qui est tiré de ces régimes totalitaires a plutot bonne renommée à gauche et chez les progressistes, au dela des millions de victimes dont les chefs, sous-chefs et "hommes de main" sont responsables.
     
  7. ribouldingue
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  8. libertaire, autonome
    Qu'est-ce qu'un bon exemple d'anarchisme selon toi ? Quels sont leurs noms ?

    Il me semblait que les anars n'avaient pas de modèles, d'exemples à suivre, justement. La preuve par l'exemple c'est pas très anar à mes yeux...

    Et puis un "bon anarchiste" pour moi ça n'existe pas. Une personne qui n'a jamais eu d'idées douteuses selon les doctrines anars, qui n'a jamais dérapé, je suis presque convaincu que c'est une légende, une image d'épinal.

    Pour moi il n'y a pas d'anarchistes, pas d'identité anarchiste, il y a anarchisme comme corpus d'iidées dans lequel les personnes puisent ce qui leur convient. Et comme mode d'organisation ou de désorganisation sociales. L'anarchisme selon mon point de vue est tout sauf identitaire, et personne n'est obligé d'être d'accord. Je parle en mon nom uniquement.
     
  9. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  10. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Bien sûr enfin on ne parle pas que du viol. Mais pas besoin non plus de lire des philosophes pour savoir que ce ne sont pas des questions auxquelles il est facile de répondre. Est-ce-que le conformisme ou la mode sont des contraintes ou est-ce-que ce sont des choix libres puisqu'on désire les faire ?
    L'important de faire de la philosophie / de la science (ce qui n'est pas strictement équivalent à lire des philosophes ou avoir une culture littéraire même si ça peut nourrir la réflexion) c'est justement de dépasser les réponses individuelles. C'est bien beau de dire "il ne faut pas baiser avec quelqu'un qui n'en a pas envie, moi, je ne compte pas le faire ni imposer de contraintes aux autres" mais dès lors qu'on veut savoir comment organiser la société de sorte que personne ne serait amené à le faire c'est une autre pair de manches.

    Oui j'aime bien cogiter sur le sujet. Après je pense aussi que pour penser une société, plutôt que de ne penser que son comportement, son éthique personnelle, ce sont des sujets auxquels penser.
    Je me méfie quand même du "si ça ne fait de mal à personne", si on ne réfléchit pas sur le sujet on peut aussi avoir du mal à mesurer si ça fait du mal à quelqu'un. Comme l'exemple du trader qui ne voit que des chiffres et concrètement ne fait que tapoter des touches d'un clavier et les clics d'une souris en fonction de ces chiffres. Est-ce-qu'il ne fait pas du mal malgré ça ? Il pourrait rétorquer "je ne fais que mon travail, la vraie question c'est pourquoi on ce genre de postes existent ?". On peut aussi prendre l'exemple de la personne qui n'a pas trop insisté pour que son pote bourré reste dormir chez lui et son pote a eu un accident et est paraplégique. Est-ce-que c'est le pote qui est responsable car il aurait dû être plus raisonnable avec l'alcool ? Est-ce-que c'est l'hôte qui a fait preuve d'indifférence ? En posant ce genre de questions, et si on veut réellement trouver des réponses, on remonte forcément à terme à des questions philosophiques (est-ce-que la responsabilité individuelle existe ? par exemple). Même sans lire de philosophes, ce sont des réflexions qu'on peut avoir tous les jours, même si ça peut toujours donner des pistes de réflexions.

    Quoi que tu considères Proudhon est une référence de beaucoup d'anarchistes et certains courants, comme l'anarcho-syndicalisme, le fédéralisme ou le mutuellisme, s'inspirent directement de sa pensée et ses écrits.

    ça a été une idéologie d'état, mais avant ça une idéologie de la révolution (récupérée par un état, fidèlement ou pas je ne peux pas te dire je ne connais pas très bien le régime de Staline et encore moins ses écrits).
    Je ne pense pas par contre que ce soit une "méthode", et d'ailleurs je ne pense pas que Marx et Engels l'ait conçu comme une "méthode" (c'est plutôt le point de vue de l'école de Francfort ça si je ne m'abuse). Pour eux, et je suis plutôt de leur avis, le monde est ontologiquement matérialiste dialectique.
    Matérialiste j'en suis persuadé : seule la matière existe, tout ce qui existe est fait de matière. Dialectique ça me convient aussi : la matière est en mouvement, en perpétuel changement de forme, ça pas besoin de dialectique pour le dire le matérialisme évolutionniste va aussi dans ce sens. Cependant l'évolutionnisme n'admet pas l'idée de rupture, l'évolution serait une continuité, une simple question d'accumulation de changements quantitatifs. Pas de révolutions selon ce point de vue. Alors que la dialectique prétend qu'une accumulation de changements quantitatifs aboutit à un saut qualitatif (empêchant tout retour en arrière). D'où la possibilité de révolutions au passage (on passe d'un système à un autre qui est qualitativement différent et non pas "la même chose avec quelques trucs en plus et quelques trucs en moins").

    Il me semble en effet que la nature admet des sauts qualitatifs (potentiel d'action dans les neurones, différenciation des espèces par sélection naturelle...), des "contradictions" comme moteur du changement (charges + et -, et pour revenir au sujet : homme et femme), etc...

    D'ailleurs au sujet des contradictions ça me semble aussi convaincant, scientifiquement, pour expliquer que la matière est son propre moteur (il n'y a pas de Dieu, d'âme ou de libre-arbitre, ni de hasard fondamental, extérieurs à la matière et sans quoi la matière ne pourrait pas changer). Je ne vois pas bien comment l'évolutionnisme explique que la matière ne soit pas statique. D'autant que je ne crois pas aux "lois" physiques qui pourraient guider les changements de la matière (tout en lui étant du coup extérieur). Les contradictions dialectiques dépendent des propriétés mêmes de la matière. Comme les charges + et -, les acides et les bases, la bourgeoisie et le prolétariat...

    Après c'est vrai qu'on s'éloigne du sujet :[
    Mais même si on oublie la dialectique je ne vois pas comment, d'un point de vue matérialiste, on peut défendre l'idée que le sexe (et le genre également) sont uniquement des constructions sociales ne reflétant en rien la réalité matérielle.
     
  11. ninaa
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  12. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    J'aurais plutôt du dire que Proudhon est un mauvais exemple d'anarchisme.
    Je sais pas ce que c'est un bon anarchiste, mais je sais ce qu'on ne peut pas être si on se prétend anarchiste:

    - raciste ("les nègres à face de gorille", « le Juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer… Par le fer, par le feu ou par l'expulsion il faut que le Juif disparaisse » (Carnets, 26 décembre 1847.)

    - sexiste ("« Le mari peut tuer sa femme, selon la rigueur de la justice paternelle : 1/ adultère 2/ Impudicité 3/ trahison 4/ ivrognerie et débauche 5/ dilapidation et vol 6/ insoumission obstinée, impérieuse, méprisante » « La femme ne hait point d’être un peu violentée, voire même violée ».)

    - homophobe:
    (s'indignant que Fourier ait “sanctifié jusqu’aux unions unisexuelles”.)
    « Sans aller jusqu’à la mort, je regrette que cette infamie qui commence à se propager parmi nous, soit traitée avec tant d’indulgence. Je voudrais qu’elle fût, dans tous les cas, assimilée au viol, et punie de vingt ans de réclusion »
    « Amour et mariage », 1858

    - favorable au pouvoir, au nationalisme, au gouvernement:

    « Nous concevons a priori que, l’homme étant un être moral et libre, vivant en société, et soumis à justice, la société ne peut manquer de se constituer un ordre, c’est-à-dire de se donner un gouvernement ; - que ce gouvernement sera confié aux soins d’un élu, appelé prince, empereur, ou roi ; ou de mandataires, formant sénat, patriciat, aristocratie ; à moins qu’il n’y ait possibilité de laisser le pouvoir à l’assemblée du peuple ; - que les fonctions du gouvernement s’exerceront, tantôt ad libitum, par une volonté arbitraire, collective ou individuelle ; tantôt, d’après des traditions et des coutumes ; tantôt enfin suivant des règles positives et des lois raisonnées. »
    [I][/I]
    Pour être plus claire, si quelqu'un sur ce forum tenait des propos pareils (ou s'il les approuvait) je demanderais direct son exclusion.
    Pour en revenir au sujet, quelle que soit le nom qu'on lui donne, je combattrais sans état d'âme une société où on appliquerait les "idées anarchistes" de Proudhon.
     
  13. ninaa
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  14. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Tu compares des choses qui ne sont pas comparables, j'ai déjà dit pourquoi la mode pouvait poser problème, c'est du travail et de la pollution inutiles. Alors qu'une bonne partie de baise c'est du travail agréable et qui ne pollue pas du tout. Si tu te poses des questions sur chaque action du quotidien: "dois-je me coucher quand j'ai sommeil, faire l'amour quand j'ai feu au cul, aller me balader en forêt, ou est-ce que je le fais pour des raisons d'historisticité et de matérialisme dialectique?" ça ne doit pas te faciliter la vie...
     
  15. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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  16. allpower
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    Et pour clairement remettre ce topic dans son sujet initial...
    Loin du blabla "ci-genre hétéro- bashing", un court bien sympa :
     
  17. ribouldingue
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  18. libertaire, autonome
    Dernier message HS vu qu'on a pas mal dévié. Désolé.

    Je suis matérialiste mais je ne valide pas le matérialisme dialectique...

    Suggestion lecture : Histoire des philosophies matérialistes - Éditions Kimé

    On peut définir la ou les doctrines en négatif comme tu l'as fait, oui. Mais pour moi, "exemple d'anarchisme" cela n'a pas de rapport, puis je ne crois qu'on peut être anarchiste.

    "les idées de Proudhon"

    Effectivement, il a écrit des tonnes indéfendables mais sur le plan économique il est intérsesant et là encore sa pensée des débuts n'est pas identique à celle de la fin. Libre à chacun-e de prendre ce avec quoi il ou elle se sent en affinité. Enfin moi c'est comme ça que je fais, chacun-e sa façon de faire.
     
  19. ninaa
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  20. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Non, dans le cas d'individus prônant l'élimination des Juifs, la prison pour les homos, le viol, la domination des femmes allant jusqu'au droit de vie et de mort, "ce n'est pas à chacun sa façon de faire".

    Pour pouvoir construire ensemble une société vivable pour tout le monde il faut se mettre d'accord sur l'essentiel, avoir un minimum de définition commune, sinon c'est la loi de la jungle, la loi du plus fort (comme le disait Proudhon: "Si la nature a donné la force à l'homme c'est bien pour en user. Force fait droit, force oblige"), la barbarie.

    Pour en revenir au sujet du topic: les trans, non binaires, etc. n'ont pas à se justifier de leur choix et désirs puisque ça ne fait de mal à personne.
    En revanche aucune indulgence envers ceux qui voudraient s'attaquer à leurs droits.


    PS: Proudhon a été un gros salopard toute sa vie. Il est mort en 1865. En 1858 il écrit:
    « L’infériorité intellectuelle de la femme vient de la faiblesse de son cerveau, comme son infériorité physique vient de la faiblesse de ses muscles. La force physique n’est pas moins nécessaire au travail de la pensée qu’à celui des muscles ; de sorte que, sauf le cas de maladie, la pensée, en tout être vivant, est proportionnelle à la force. Si la faiblesse organique de la femme, à laquelle se proportionne naturellement le travail du cerveau, n’avait d’autre résultat que d’abréger dans sa durée l’action de l’entendement, la qualité du produit intellectuel n’étant pas altérée, la femme pourrait parfaitement, sous ce rapport, se comparer à l’homme, elle ne rendrait pas autant, elle ferait aussi bien. La différence purement quantitative, n’entraînant qu’une différence de salaire, ne suffirait peut-être pas pour motiver une différence dans la condition sociale. Elle a l’esprit faux. »
    « De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise », 1858

    Et sur le plan économique, parlons-en (trois ans avant sa mort):

    « La propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe et qui se puisse opposer au pouvoir (...) Où trouver une puissance capable de contre-balancer cette puissance formidable de l’Etat ? Il n’y en a pas d’autre que la propriété (...) La propriété moderne peut être considérée comme le triomphe de la liberté (...) La propriété est destinée à devenir, par sa généralisation, le pivot et le ressort de tout le système social. »

    « Théorie de la propriété », 1862

    Proudhon a déclaré avoir été mal compris dans ses premiers écrits avec sa célèbre formule : "la propriété, c’est le vol" :

    « Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l’ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c’est le vol ! Il s’agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n’avais point alors à m’occuper d’autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste. Dans le Système des Contradictions économiques, après avoir rappelé et confirmé ma première définition, j’en ajoute une toute contraire, mais fondée sur des considérations d’un autre ordre, qui ne pouvaient ni détruire la première argumentation, ni être détruites par elle : La propriété, c’est la liberté ! »

    « Confessions d’un Révolutionnaire », 1849

    J'aimerais bien savoir plus précisément à quel moment de sa vie cette ordure a émis des opinions anti-nationalistes, anti-sexistes, antiracistes, anti- propriété privée, en opposition à l'idée même de pouvoir? Quand il s'est expliqué sur les horreurs qu'il avait dites auparavant?
     
  21. ribouldingue
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  22. libertaire, autonome
    Pour moi, si, chacun est libre de prendre ce qu'il lui plait chez Proudhon pour enrichir sa pensée libertaire. Et par libertaire j'exclus d'office racisme, sexisme, capitalisme, etc.

    Après réduire toute la pensée d'un auteur à ses pamphlets les plus déguelasses, dont un qui était un carnet non destiné à la publication, je trouve ça limite tout en condamnant les propos incriminés. Tout comme je condamne sa pensée coloniale.

    Aujourd'hui, s'il vivait et pensait encore comme à son époque, il serait jeté dans les poubelles du suprématisme blanc, et je n'irais pas le défendre.

    Sauf que Proudhon n'est pas seulement ses facettes les plus "sombres". Plein d'anarchistes s'en sont inspirés, plein l'ont critiqué, plein s'en inspirent encore aujourd'hui pour théoriser l'organisaton économique dans une société anarchiste. Berthier, Chambost, Carson et les autres.

    Ne vaudrait-il pas mieux faire un topic sur ce personnage qui a marqué le mouvement socialiste, le "père de l'anarchisme" ? Avec un maximum de références d'anarchistes qui ont écrit sur, pour et contre lui ?

    Perso je serais pour, mais pas trop le temps en ce moment.

    Juste pour finir, si je devais réduire la plupart des penseurs anars historiques à certaines de leurs idées qui étaient et sont de mon point de vue indéfendables, et par conséquent, si je devais m'empêcher de les lire, de m'en "inspirer", je n'en lirai plus un seul. On fait tout un foin sur Proudhon mais on pourrait en faire aussi sur Victor Serge, Emma Goldman, Albert Libertad, Jean Grave, Pierre Kropotkine...... La liste est longue des anars qui ont bien dérapés, et pas qu'une fois. Quand ce n'était pas "sur papier", c'était "en pratique". Ces anars ont cependant pas mal "pignon sur rue" dans le mouvement anar et sont moins ou ne sont pas "honnis". Si c'était pas si connoté, je dirais "deux poids deux mesures"... En fait je n'oserais même pas citer ce que j'ai lu de Victor Serge tellement c'est dégueulasse, un nazi ne serait pas exprimé différemment de lui. Kropotkine a encouragé à la boucherie de la Première Guerre Mondiale, et pas qu'un petit peu. Si j'étais chrétien je dirais qu'il a lui tout seul "plus de sang sur les mains" que Proudhon. Mais bon, déjà que les procès je déteste ça, alors les procès post-mortem...

    Et rien à voir avec Proudhon. Je suis contre le droit, est-ce que ça fait de moi un transphobe ? Le droit c'est la loi et la loi c'est (presque) toujours celle du plus fort, cette loi que tu détestes quand tu vomis à juste titre sur Proudhon.

    Voilà, je profitais d'une pause pour répondre. Bonne soirée. A+
     
  23. ninaa
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  24. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Pour la défense de cette pourriture c'est là:
    Anarchiste et sexiste, c'est possible?

    Pour en revenir au sujet, je reprends donc le premier post de ce topic initié par Anarkia:

    Je pense également que "le privé est politique": peut-on prendre au sérieux un homme qui se prétend anti autoritaire mais qui dans le privé traite les femmes comme de la merde?
    Et les conditions matérielles peuvent impacter la vie privée: on le voit bien dans les conditions actuelles, les relations y compris sexuelles sont plus gravement impactées pour les mal logés (pas de possibilité de s'isoler). Les trans d'origine sociale modeste auront du mal à se faire opérer - comme autrefois les femmes pauvres ne pouvaient pas se faire avorter à l'étranger. Beaucoup de trans sont obligées de se prostituer pour cause de discrimination à l'emploi.
    En principe pour les anarchistes la question des libertés individuelles est aussi essentielle que celle de l'égalité sociale. L'ennemi des anarchistes c'est toutes les formes de pouvoir: ce qui nous empêche de vivre matériellement, mais aussi toutes les règles qui nous empêchent de vivre comme on l'entend, sexuellement, socialement, relationnellement.

    Lutter contre l'exploitation économique n'entraîne pas automatiquement une prise de conscience antisexiste, antiraciste, antihomophobe, antitransphobe:

    Viol à la CNT

    Les gilets jaunes et la pride

    Cela dit on peut être à la fois gay, femme, noir, juif, trans... et exploiteur.
    J'aime pas le mot qui sent un peu trop l'universitaire mais c'est l'idée de l'intersectionnalité: ne faire de concession sur aucun plan: une femme, un gay ou un noir patron, on les combat en tant que patrons, mais on les défendrait en tant que gay ou noir victime de racisme ou d'homophobie.
    L'objectif n'étant pas évidemment que les femmes, gays ou noirs puissent devenir patrons.
     
  25. ribouldingue
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    Merci pour le lien, je lirai et si j'ai le temps, le courage, je répondrai.

    La distinction social/sociétale est beaucoup plus ancienne. Elle vient de la sociologie américaine, j'avais eu une petite discu avant un étudiant en socio et il me disait qu'on la trouvait aussi dans des écrits de Durkheim.

    sociétal — Wiktionnaire

    Les règles, les lois, l'idéologie, les dogmes religieux sont des forces matérielles...

    On peut en effet être à la fois gay, femme, noir, juif, trans... et exploiteur. Comme on peut être le, la, les mêmes et être homophobe, misogyne, raciste, transphobe... L'humain est plein de paradoxes.
    En fait je ne sais pas si je défendrais par principe un patron gay victime d'homophobie... qui a violé, tué, ou vote RN.... Je me renseigne toujours sur qui je soutiens ou je défends, jamais de position de principe, je ne subordonne pas mon éthique personnelle à une idéologie.
     
  27. ninaa
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  28. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    J'ai relayé plus haut un article sur Paul Preciado, qui a participé à une campagne de pub pour Gucci.

    Paul B. Preciado, Gucci et les misères du capitalisme

    Comment a-t-il répondu aux critiques, en particulier à propos des conditions de travail des ouvriers qui fabriquent les vêtements Gucci?
    Il n'y a pas répondu du tout. Par exemple dans une interview dans ce brûlot anar et antisexiste qu'est Vanity fair (là, Polanski en couverture...):

    [​IMG]

    On est dans la fantaisie, le fantasme, les abstractions.
    Mais ce que vivent les ouvriers de Gucci (que Preciado ne critique pas nommément: "le capitalisme" c'est très vague! - et même s'il le faisait, ça aurait quel sens de critiquer tout en servant de porte parole?

    [​IMG]

    ... glamour, n'est-il pas?
     
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  29. Z. Garnier
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    Z. Garnierni dieu ni maître oï oï oï !

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    En courant : « Les queers sont les maoïstes du genre » « Les queers sont les maoïstes du genre » - RADIORAGEUSES
    Hélène Hazera, bien sympa aussi. Ou l'époque où on s'en foutait gravos de toutes ces identités. Vive la mentalité punk et à dans trois cent ans ! Marre des débats saoulant et tordus .
    Ps : Preciado est devenu mystique et réac comme beaucoup de pomos.
     
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  30. ribouldingue
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  33. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Pas plus que de se demander si on le fait à cause du patriarcat ou de l'hétéronormativité.
    Encore une fois il ne s'agit pas de le faire à titre individuel juste pour se remettre en question, mais à titre collectif, en tant que démarche scientifique, pour mieux se connaître et pouvoir répondre ensuite à différentes questions et besoins (comment en finir avec les oppressions et l'exploitation en étant une).

    Oui je l'ai lu, ce livre a d'ailleurs pas mal contribué à ce que je m'intéresse à la dialectique (matérialiste).

    Je ne suis pas sûr que ce soit le sujet du topic. Sinon on serait tous d'accords parce que comme tu dis on n'a pas à mettre son nez dans le slip des gens.
    Est-ce-que les identités sont politiques ? Ne sont-elles qu'une question de rapport de force entre opinions et de consensus ?
    Une personne peut bien modifier son corps de différentes manières donc la chirurgie et la prise d'hormones, a priori, non, ça ne fait de mal à personne. Mais je reste perplexe devant l'idée qu'être une femme ou un homme n'est qu'une affaire politique et que la binarité sexuelle ne correspond à aucune réalité matérielle, juste à une question de perspective. On aurait créé des catégories en mettant l'accent sur ces différences (pilosité, ce qu'il y a dans le slip, règles, hormones, etc...) uniquement parce que ça permettait de maintenir une domination (par exemple) et non pas parce que ces différences sont objectivement plus "importantes" ou pertinentes que d'autres.

    Sinon, anarkhia réduit le féminisme, l'antiracisme, la LGBT-phobie et les autres luttes d'autres discriminations aux théories qui font appel à l'identité, comme si aucun autre courant n'existe. Comme ça elle peut dire qu'attaquer ces théories revient à attaquer LE féminisme ou L'antiracisme en général.
     
  34. ninaa
    En ligne

    ninaaMembre du forum Membre actif

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    Fev 2014
    France
  35. anarchiste, anarcho-féministe, , individualiste
    Je suis d'autant plus d'accord que pour être honnête ce champ critique me passe largement au dessus de la tête, et pas seulement à cause du vocabulaire abscons. Comme la quasi totalité des gens j'imagine, je suis bêtement, basiquement, opposée aux violences et à l'oppression sexiste, homophobe et raciste. Lesquelles ne sont pas très compliquées à débusquer et à expliquer (je peux donner des exemples mais j'espère qu'ils sont assez évidents?)
    Prétendre que ces oppressions seraient justifiées en raison de "différences" entre Noirs et Blancs, hommes et femmes, homos et hétéros, etc. c'est juste du foutage de gueule. Une femme peut bien s'habiller et se comporter n'importe comment elle ne sera pas à l'abri d'être violée et battue. Beaucoup de gays n'ont rien de particulier, ça ne les empêche pas d'être victimes d'homophobie.
    Quant à abolir tous critères de différenciation, j'ai un gros doute sur l'influence que ces théories difficilement compréhensibles pourraient avoir sur le commun des mortels.
     
  36. ribouldingue
    Offline

    ribouldingueMembre du forum Compte fermé

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    Déc 2020
    Homme
    United States
  37. libertaire, autonome
    Bah déjà le texte de l'universitaire du début est pas mal verbeux et biaisé.

    "Pour conclure, et je vais le marteler, être trans n’est pas une identité c’est une condition, une condition sociale et corporelle. Et cette condition elle ne nous fait pas exister en dehors des classes sociales de femmes et d'hommes mais passer d’une classe à une autre."

    Classes sociales de femmes et d'hommes. Sérieux, si un rapport politique de genre est un rapport d'exploitiation (c'est ce qui définit une classe en économie), alors on peut se demander pourquoi le groupe homme ne paye pas le groupe femme h24 puisqu'il est dominant. Voilà aussi pourquoi le concept "d'exploitation domestique" n'est pas pertinent. L'exploitation présume un salaire, un cadre juridique (lois) défendant la propriété privée.

    Ca ressemble au concept de "sexage". Un rapport d'un groupe de sexe sur un autre serait de l'esclavage. Dans ce cas alors pourquoi ne pas définir tout rapport de domination politique comme de l'eslcavage ? Ce serait absurde.

    Tout ça n'a de sens que pour ceux qui y croient comme dans n'importe quelle religion. Et quand je vois qu'aux Etats-Unis ils ont 50 ans d'avance, je ne suis pas étonné du fait que ces ".... studies" sont là bas enseignées en département lettres et non en sciences. En France les universitaires des sciences sociales ont 50 ans de retard. La littérature une science ? LOL
     
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