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Soudan: la police tue des manifestants

Discussion dans 'Luttes Internationales' créé par ninaa, 31 Décembre 2021.

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    Notez le drapeau anarchiste dans cette manifestation?

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    Au Soudan, la police tue des manifestants

    A chaque nouvel appel des manifestants proclamant que « la révolution continue » face au chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Bourhane, les autorités mobilisent de nouvelles techniques pour tenter d’endiguer l’opposition.

    Le Monde avec AFP

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    Lors d’une manifestation pour dénoncer le coup d’Etat militaire d’octobre, à Khartoum, au Soudan, le 30 décembre 2021. MARWAN ALI / AP
    Des dizaines de milliers de manifestants continuent de réclamer un pouvoir civil au Soudan. Quatre personnes ont été tuées et des dizaines blessées, jeudi 30 décembre, par des tirs des forces de police à Omdourman, dans la banlieue nord-ouest de Khartoum, lors d’une manifestation, rapporte un syndicat de médecins prodémocratie.

    Dans un appel relayé par des pages Facebook tenues par des Soudanais résidant à l’étranger, les médecins ont déploré que les forces de l’ordre « empêchent les ambulances d’approcher » des victimes. Ils ont appelé en renfort des médecins à l’hôpital Arbaïn d’Omdourman, « car les putschistes utilisent des balles réelles contre les manifestants », faisant état de « dizaines de blessés ».

    Impossible de savoir exactement quelle a été l’ampleur de la répression, car les autorités ont par ailleurs coupé dans la matinée l’Internet mobile et les appels téléphoniques – locaux comme ceux venus de l’étranger – avant de les rétablir dans la soirée, une fois les manifestants dispersés.

    Plusieurs journalistes blessés
    La télévision satellitaire basée à Dubaï Al-Arabiya a par ailleurs annoncé que plusieurs de ses journalistes avaient été blessés dans une attaque contre son bureau par les services de sécurité. La chaîne locale el-Sharq a elle aussi affirmé avoir été empêchée de couvrir l’actualité du jour par les forces de sécurité.La mission des Nations unies au Soudan et l’ambassade américaine ont dénoncé la mort des manifestants et les attaques contre les médias.

    A chaque nouvel appel des manifestants proclamant que « la révolution continue » face au chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Bourhane, qui a renforcé son pouvoir avec un putsch le 25 octobre, les autorités mobilisent de nouvelles techniques pour tenter d’endiguer l’opposition.

    Lire aussi Au Soudan, des manifestants anti-putsch dispersés par des tirs de gaz lacrymogène
    En outre, les autorités avaient barré dès mercredi soir les ponts reliant la capitale à ses banlieues avec d’imposants containers, tandis que jeudi, les forces de sécurité – policiers, militaires et paramilitaires des Forces de soutien rapide – avaient installé des caméras sur les principaux axes de Khartoum.

    Cela n’a pas empêché des dizaines de milliers de manifestants de scander de nouveau jeudi « Non au pouvoir militaire » et « Les militaires à la caserne ! » à Khartoum mais aussi à Kassala et à Port-Soudan, dans l’Est, ou à Madani, au sud de la capitale.

    A Khartoum, au Soudan, le 30 décembre 2021. MARWAN ALI / AP
    Dans la capitale, une manifestante a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) défiler « pour la chute du pouvoir militaire » et surtout « contre l’accord politique », un texte qui a récemment permis au premier ministre civil, Abdallah Hamdok, de sortir de résidence surveillée, mais aussi au général Al-Bourhane de rester à la tête des autorités de transition deux ans de plus.

    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le retour controversé d’Abdallah Hamdok, ancien premier ministre du Soudan
    Pour un autre protestataire ayant manifesté à Khartoum, les civils n’auraient jamais dû accepter de rejoindre l’union sacrée de 2019.La rue et sa « révolution » avaient alors forcé les généraux à démettre l’un des leurs, le dictateur Omar Al-Bachir, et civils et militaires décidé de mener ensemble le pays vers la démocratie. « Signer avec les militaires était une erreur depuis le début », affirme-t-il à l’AFP, car, pour lui, les généraux au pouvoir sont « des hommes de Bachir ». Une accusation que la rue relaie souvent, accusant M. Hamdok de l’avoir « trahie » en « favorisant le retour de l’ancien régime ».

    Rafles nocturnes
    Jeudi, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel de Khartoum où siège le conseil de souveraineté, la plus haute autorité de la transition chapeautée par le général Al-Bourhane, les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes. Des manifestants évacuaient des blessés, tandis que la foule s’approchait du bâtiment et s’en éloignait au gré des charges policières.

    A Khartoum, au Soudan, le 30 décembre 2021. MARWAN ALI / AP
    Dès mercredi, l’ambassade américaine avait réclamé « une retenue extrême dans l’usage de la force », alors qu’en deux mois de mobilisation contre le putsch, 48 manifestants ont été tués et des centaines blessés par balle.

    Entre grenades lacrymogènes, tirs à balles réelles en l’air et coups de bâtons pour disperser la foule, 235 personnes ont été blessées samedi dans la mobilisation nationale, selon un syndicat de médecins prodémocratie.

    L’ambassade américaine appelle en outre les autorités à « ne pas recourir aux détentions arbitraires », alors que des militants font état de nouvelles rafles nocturnes à leur domicile, comme souvent à la veille de chaque manifestation.

    Le 19 décembre, jour du troisième anniversaire de la « révolution », les forces de sécurité ont été accusées par l’ONU d’avoir violé des manifestantes pour tenter de briser la contestation anti-coup d’Etat – une « correction du cours de la révolution », selon le général Al-Bourhane.

    Lire l’analyse : Article réservé à nos abonnés Au Soudan, un coup d’Etat sur fond de luttes d’influence géopolitiques et régionales
    Le général Al-Bourhane promet les premières élections libres depuis des décennies en juillet 2023, sans convaincre les partisans d’un pouvoir uniquement civil dans le pays, sous la férule de l’armée quasiment sans interruption en soixante-cinq ans d’indépendance.

    Le Monde avec AFP

    Au Soudan, la police tue des manifestants
     

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    Musiques :

    Chants révolutionnaires soudanais issus de la révolution de 2019,

    Negarit

    2-4-9 Gang réunissant les rappeuses Mc Nonita, Bagira, Queen Kafra et Lily Ozey.

    Illustration : Aladdin Mustafa provenant de Pexels


    P.-S.
    Tous les épisodes de l’Actu des Oublié.e.s à écouter ici

    S2 EP5 - Soudan, Résister au Coup d'État
     
  5. ninaa
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    Au Soudan, les manifestants poursuivent leur mouvement malgré la répression

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  7. ninaa
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    Soudan : déploiement massif des forces de sécurité en prévision de nouvelles manifestations

    Soudan : déploiement massif des forces de sécurité en prévision de nouvelles manifestations

     
  9. ninaa
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  10. anarchiste, anarcho-féministe, individualiste
    Soudan : Anarchistes contre la dictature militaire
    Interview : Rassemblement des anarchistes soudanais

    Hier, au Soudan, lors de manifestations nationales contre la dictature militaire qui a pris le pouvoir le 25 octobre, les forces de l’État ont utilisé à plusieurs reprises des balles réelles contre les manifestants, tuant au moins quatre personnes et en blessant beaucoup d’autres. Les forces de sécurité ont tué des dizaines de manifestants depuis le coup d’État du 25 octobre. Néanmoins, un puissant mouvement basé sur des comités de résistance locaux et des manifestations de rue courageuses continue de résister à la consolidation du pouvoir sous l’autorité des militaires. Nous présentons l’entretien suivant avec des participants anarchistes aux manifestations dans l’espoir d’aider les personnes extérieures au Soudan à comprendre la situation.

    En décembre 2018, des manifestations massives ont éclaté dans tout le pays contre le dictateur Omar Al-Bashir, qui dirigeait le Soudan depuis quelque trois décennies. Al-Bashir s’est enfui en avril 2019 ; pourtant, les émeutes, les blocus et les sit-in se sont poursuivis contre le Conseil militaire de transition qui a pris le contrôle du gouvernement, et une occupation massive de protestation a occupé le territoire de la place Al-Qyada, au cœur de la capitale Khartoum. Les forces militarisées associées au Conseil ont intensifié leurs attaques contre les manifestants, avec un point culminant le 3 juin 2019 lorsqu’elles ont brutalement expulsé les sit-in. Elles ont commis un massacre particulièrement brutal lorsqu’elles ont attaqué l’occupation de la place Al-Qyada.

    En réponse, une grève générale a frappé une grande partie du Soudan du 9 au 11 juin. Certains représentants du mouvement ont alors entamé des négociations avec le régime, établissant un accord de partage du pouvoir dans lequel un gouvernement provisoire composé de représentants militaires et civils devait gérer la transition vers une nouvelle administration. Cet accord a pris fin avec le coup d’État militaire du 25 octobre.

    La première partie de cet entretien avec des anarchistes de Khartoum, la capitale du Soudan, a eu lieu le 28 décembre. La seconde partie a été écrite immédiatement après les manifestations nationales du 30 décembre. Vous pouvez en savoir plus sur le Sudanese Anarchists Gathering via leur page facebook. Nous mettrons à jour cet article avec plus d’informations au fur et à mesure que nous apprendrons comment les personnes hors du Soudan peuvent les soutenir au mieux.

    L’interview a été réalisée en arabe et traduite à la hâte. Nous avons combiné certaines questions et réponses pour plus de clarté.

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    Interview : Rassemblement des anarchistes soudanais, 28 décembre 2021
    Tout d’abord, parlez-nous un peu de votre groupe.

    Le groupe a été créé à Khartoum à la fin de 2020 après que nous ayons rassemblé tous les anarchistes de Khartoum. Nous sommes ensemble depuis la révolution de décembre 2018, et certains d’entre nous se connaissent depuis le lycée et l’université.

    Nous, anarchistes de Khartoum, sommes membres des “comités de résistance” et nous brandissons nos drapeaux lors des marches avec le reste des révolutionnaires, et nous faisons la promotion de l’anarchie en écrivant des graffitis sur les murs.

    Nous nous opposons à tous les types d’autoritarisme. Nous sommes pour la liberté d’expression et l’autonomie individuelle.

    Avez-vous des liens avec des anarchistes en dehors du Soudan ?

    Vous êtes les seuls anarchistes avec lesquels nous avons des liens en dehors du Soudan.

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    Y a-t-il d’autres anarchistes et groupes anarchistes que vous ? Ou pour autant que vous le sachiez, il n’y a que vous ?

    Il y a d’autres anarchistes au Soudan, dans la ville de Port-Soudan, et nous leur tendons la main pour pouvoir nous réunir avec eux et, espérons-le, avec les anarchistes du reste du monde - et avec des efforts sérieux, nous répandrons ensemble l’anarchie dans le monde entier.

    Le Soudan a-t-il une histoire de lutte anarchiste ou est-ce une chose plus récente là-bas ?

    L’anti-autoritarisme en tant qu’idée et pratique a émergé pour la première fois au Soudan lors de la première marche de la révolution de 2018. Mais la couverture médiatique était très faible et elle a donc été négligée.

    Comment les gens ont-ils réagi aux anarchistes ? Quelle est la relation des anarchistes avec les protestations plus larges et le mouvement social ?

    Les gens sont polarisés sur le mouvement anarchiste, mais ce qui importe pour nous, c’est que nos camarades révolutionnaires soient en cohésion et en complète solidarité avec nous ; nous sommes ensemble avec eux dans cette lutte pour renverser le système fasciste et créer un système horizontal, sur le plan organisationnel, et un système socialiste, sur le plan économique. Les revendications de la “révolution” sont très similaires aux nôtres.

    Pouvez-vous nous parler de la situation actuelle au Soudan ? D’après ce que nous comprenons, des manifestations sont en cours depuis au moins 2019, d’abord contre [l’ancien chef de l’État] Omar Al-Bashir et maintenant contre la junte militaire. Quelles formes de répression les forces de l’État ou d’autres acteurs exercent-ils en ce moment ?

    La révolution est en cours depuis décembre 2018. Lorsque la révolution a commencé, les protestations ont été réprimées violemment aux mains du gouvernement des Frères musulmans dirigé par Omar Al-Bashir, que nous avons renversé le 11 avril 2019, lorsque nous avons occupé et fait un sit-in au siège général de l’armée soudanaise. Mais malheureusement, l’occupation a ensuite été réprimée : 500 révolutionnaires ont été tués et notre révolution a été volée par les commandants militaires et l’”atterrissage en douceur”. Le 17 août 2019, ils (le Conseil militaire de transition, ou TMC, et les Forces de la liberté, ou FCC) ont accepté un processus de transition de 39 mois pour revenir à la démocratie. Nous, les révolutionnaires, ne nous sommes cependant pas arrêtés - nous avons continué à protester contre les militaires dans l’espoir de faire en sorte que le gouvernement de transition devienne un véritable gouvernement civil “technocratique” [c’est-à-dire un gouvernement composé de civils, et non de politiciens de carrière].

    Et puis le coup d’État [du 25 octobre 2021] a eu lieu et les militaires ont dissous le gouvernement civil et arrêté ses membres.

    Mais nous n’abandonnons pas. Les rues débordent de défi et d’opposition à leur égard, bien qu’ils aient assassiné 47 révolutionnaires et blessé 1200 autres en utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles réelles depuis le coup d’État. Nous continuons à protester et à chercher à les renverser maintenant.

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    Quelle est votre position sur les groupes non-anarchistes au Soudan ? Travaillez-vous avec eux ? Si vous coopérez avec eux, quelle est la nature de votre coopération ?

    Nous nous sommes séparés de la “couveuse politique “ qui a participé à la révolution et nous avons formé des comités de résistance avec d’autres révolutionnaires issus de tous les mouvements révolutionnaires ; nous avons commencé à mener la révolution dans les rues pour renverser le gouvernement malgré la violence à laquelle nous sommes confrontés. Nous faisons face à leur violence et à leurs balles avec des poitrines non protégées et des moyens non violents.

    Et ils nous tirent parfois dessus à balles réelles, ce qui entraîne des blessures ou des décès.

    Y a-t-il autre chose que nous devrions savoir ? Avez-vous des demandes des mouvements anarchistes internationaux ?

    Nous avons de nombreuses marches et protestations prévues pour jeudi. Nous avons déjà décidé des itinéraires des marches avec d’autres révolutionnaires avant que les autorités ne bloquent l’Internet ; toutes les marches se dirigent vers le Palais Républicain. Ces marches seront accueillies avec une violence excessive ; je pourrais finir mort, parce que nous, les anarchistes, sommes toujours à l’avant et organisons les marches dans les rues.

    Nous demandons un soutien matériel car nous n’avons pas de sponsors. Nous dépensons de l’argent de nos poches et l’argent que nous avons ne couvre pas nos besoins car les prix sont devenus prohibitifs au Soudan et en tant que jeunes nous n’avons pas assez d’argent. Nous espérons que tous les anarchistes du monde nous soutiendront.

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    Mise à jour : 30 décembre 2021
    Deux jours après avoir réalisé l’interview ci-dessus, à la fin des manifestations du 30 décembre, nous avons reçu le message suivant de notre contact du Sudanese Anarchists Gathering.

    Nous n’avons pas pu atteindre le palais. Ils avaient obstrué les routes avec d’énormes conteneurs secs et ils ont bloqué les villes d’Omdurman et de Bahri (personne de ces villes n’a été autorisé à entrer à Khartoum), puis ils ont commis des atrocités à notre égard à Khartoum (où se trouve le palais).

    Ils nous ont tiré dessus à balles réelles et ont même utilisé un DShK4 qui a fait des blessés et des morts parmi nous. Ils ont également agressé des journalistes et fait irruption dans les bâtiments d’Al-Arabiya (une chaîne d’information télévisée) et d’al Hadath (une autre chaîne d’information télévisée) ; ils avaient arrêté leurs employés mais les ont déjà relâchés. Ils ont également fait une descente dans les hôpitaux, attaqué les médecins, les ont arrêtés, et ont également arrêté nos camarades blessés.

    Ils ne nous permettent pas d’emmener les corps des martyrs pour les enterrer. Nous n’en avons récupéré et enterré que deux jusqu’à présent. Nous travaillons à faire de même pour les autres.

    Nos téléphones portables n’étaient pas assez avancés pour filmer leurs atrocités, mais certaines personnes qui avaient des téléphones portables avancés ont réussi à filmer certaines des atrocités qu’ils ont commises.

    Il y a quatre martyrs jusqu’à présent, mais il y a beaucoup de blessés vivants. Gloire aux martyrs et mort aux militaires et à l’autorité.

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    Ahmed Alaamin Alkununa, Mustafa Mohammed Musa, Mohammed Majed Muhammad “Bebo”, et Mutawakil Yousef Saleh ont été tués par l’État soudanais le 30 décembre 2021.

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    CrimethInc. : Soudan : Anarchistes contre la dictature militaire : Interview : Rassemblement des anarchistes soudanais
     
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