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Théorie sur la relation entre drogue et Anarchie

Discussion dans 'Discussion générale' créé par Cadavre, 30 Juin 2011.

  1. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  2. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    on n'a pas parlé de dire comment tu dois vivre ta vie, pk tu fais des caprices?
    à croire que les gens agissent toujours de façon rationnelle en toute connaissance de leurs besoins.
    Je m'en tape de ta vie tu sais quoi, t'as l'impression d'être le nombril du monde et qu'on te dit de pas consommer de drogue quand on dit que faut pas encourager ça. Faut être complètement misanthrope pour en avoir rien à battre que des gens souffrent de leur consommation de drogue. Tu crois tu peux toujours t'en sortir seule dans la vie ?
    Je sais pas ce que c'est ta vie, ce qui te permet d'avoir un discours comme ça mais moi comme plein d'autres y a plein de moments où on estime avoir fait des erreurs et où a posteriori on aurait aimé qu'on nous le dise.
    Ah ouais, sur le moment on aurait été bousculé dans notre petit confort, on aurait fait un caprice aussi mais on aurait évité des conséquences.
    Perso j'ai un pote qui a eu des problèmes avec la drogue, sauf que dans notre groupe de pote qu'il fréquentait à l'époque on raisonnait comme toi. et je soupçonne cette façon de pensée d'avoir empiré les choses. on a tous dit "je suis pas son père, j'ai pas à lui faire la morale, vive la liberté et surtout l'absence totale de critique envers ce que font les autres". Au final il s'est éloigné de nous, on sait qu'il a tout arrêté et on le voit plus.
    Peut-être la raison c'était qu'on faisait les libertaires individualistes d'un côté et de l'autre on s'inquiétait et qu'un pote a contacté son frère, qu'il l'a suivi quand il sortait pour me voir parce qu'il savait pas ce qui allait se passer.
    Aujourd'hui je pense que la solution c'est d'abandonner le discours individualiste bas-du-front et certainement pas de l'assumer dans la pratique. ça je sais pas si tu peux comprendre si t'agis toujours rationnellement.
    Genre nous on avait de l'affection pour lui, c'était un ami, on avait des bonnes conversations avec lui puis quand il se met à faire de la parano, qu'il a des propos complètement incohérent, qu'il a l'impression qu'on complote contre lui limite on doit faire quoi selon toi ? On doit faire comme si de rien n'était pour surtout pas le brusquer miskine ? Ton pote change, t'arrives plus à parler avec lui. Tu dois assumer, le laisser dans sa merde et te dire "il fait ses choix, ses choix le rendent désagréable à fréquenter pour moi, je m'éloigne de lui" ? Ben quand tu l'apprécies c'est difficile d'être aussi froid et rationnel.
    Et si tu crois que de son côté il kiffait, qu'il était heureux t'es vraiment perdue. Sinon pourquoi maintenant qu'il peut tout à fait se re-défoncer il le fait pas ? Et s'il a décroché c'est parce que sa famille et ses potes du quartier ont pas eu la même approche. Ils nous ont empêché de le contacter pour pas qu'on ait une "mauvaise influence" déjà et ça a marché.
    Bref, à part des vieilles pétitions de principe individualistes, dans le concret tu dis quoi ? Dans le concret toi tu kiffes peut-être te défoncer parce que t'as je sais pas quelle vie à côté de ta consommation de drogue, mais pour la majorité des consommateurs réguliers la drogue c'est un exutoire certainement avant d'être un kiff. Pourquoi ça touche surtout les classes populaires ? Pourquoi l'alcoolisme touche prioritairement les "prolos qui bossent" ? Pourquoi les quartiers s'enfument au shit ?
    Si un jour t'es dans la merde, que tu fais des trucs qui te pourrissent la vie t'aimerais que ton entourage te laisse dans la merde sous prétexte qu'il a pas à intervenir dans ta vie ? Pour toi tu fais toujours les bons choix ? Faut jamais te critiquer ?

    Tu parles de liberté mais dans le fond on dirait que tu t'en branles de qu'est-ce-qui pousse les gens à agir. Comme si, si y avait pas un chef avec un bâton derrière toi tout ce que tu fais, tu le fais forcément librement. En connaissant toutes les conséquences de tes actes. L'addiction n'existe pas ? L'erreur n'existe pas ? C'était à l'individu de se renseigner avant et certainement pas à quelqu'un de le prévenir sinon c'est de la moralisation ?
    bref ça m'énerve ce genre de discours. du coup peut-être je caricature mais en même temps toi aussi tu me fais dire ce que j'ai pas dit avec tes raccourcis à deux balles. J'ai jamais parlé de "faire la morale", d'ailleurs j'ai pas un seul instant parler de quel comportement avoir dans une interaction avec quelqu'un qui se drogue. J'ai juste parlé de la position collective que devait avoir face aux drogues en général (et en fait à toute forme d'exutoire). Pas vis-à-vis des gens addicts, vis-à-vis de la drogue. C'est assez grave si tu fais pas la distinction.
     
  3. allpower
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    allpower  Comité auto-gestion Membre actif

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  4. Fanya
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    FanyaMembre du forum Compte fermé Membre actif

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  5. social-démocrate
    AH AH ! Oui oui, exactement Anarchie 13, tu as farpaitement raison. MDR

    Allez ciao.

    Et que crève l'altruisme.
     
  6. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  7. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    viens me péter la gueule au pire.

    je suis ouvert aux avis contraire, mais là t'avances pas d'argument juste ton dogme individualiste idéaliste sans aucun lien avec des trucs concrets. Pk tu fais pas part de tes expériences ?
    (ouais ce serait du partage)
     
  8. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Intéressant.
    Indépendamment de ça, la dépendance aux drogues diverses et variées ( ça peut être aussi le tabac ou l’alcool ...) est une soumission à une substance et un anarchiste est supposé ( il me semble ) refuser toute soumission, quand il le peut.
    Être dépendant ôte de la liberté et nous en avons déjà très peu.
    C’est la raison essentielle pour laquelle j’ai arrêté de fumer du tabac il y a environ 25 ans.
    Pareil pour les pétards qui créent une dépendance au moins psychologique en plus de ramollir le cerveau et le système immunitaire.
    Maintenant fanya peut bien faire ce qu’elle veut et même se piquer à l’heroine dans les yeux en snifant de la mort aux rats si ça l’amuse.
    J’ai pas envie de me faire peter la gueule.
     
  9. Fanya
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    FanyaMembre du forum Compte fermé Membre actif

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  10. social-démocrate
    anarchie 13 : pas envie de répondre, t'es tellement à côté de ce que je pense...
     
    Anarchie 13 apprécie ceci.
  11. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    Hygiénistes,anti -drogues=intolérant.e.s!
    Le kep's de mec's à la strychnine ?Je suis chez les 'Bisounours',quel cliché !?
    Ici,Kuhing certain.e.s sont pour la légalisation, la dépénalisation du cannabis,un autre sujet sensible.Tu peux émettre des avis mais pas juger de la sorte,stigmatiser en te référant à ton parcours perso parce que tu as fumé des clopes et 3 bédos et qu'en finalité tu ne trouves pas ça bien pour les autres même si,sur le fond tu as raison.
    Les consommations de produits divers ont 'explosé' ces dernières décennies pour devenir un réel problème sociétal qui doit être pris en compte.
    Je ne ferais pas l'apologie des drogues dites dures mais n'irai pas avec le' dos de la cuillère' avec les intransigeant. e.s!
    Fanya...t'es pas cool!Solidaire rime avec altruisme. Non?
     
  12. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    Bonne réponse.
     
  13. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Ah mais ce que je dis ne regarde que moi.
    Chacun-e fait bien ce qu’il-elle veut avec son corps et sa morale.
    C’est bien ce que j’ai dit à Fanya sur le ton de la plaisanterie ( j’aime bien la chambrer et je le fais avec les gens que j’apprecie )
     
  14. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    OK.
    J'ai une tendance généraliste et non intimiste,surtout sur ce sujet que j'ai éprouvé.
    J'ai bien transcrit que tu avais raison sur le fond.
    Le 'vannage' amical entre vous, vous regarde.No souci!
     
  15. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Amical, amical, faut tout de même pas exagérer.
    Fanya, comme elle l’indique, est social-démocrate ( tendance Valls, il me semble ) et je ne peux pas être ami avec des soc-dems.
    Je les hais.
     
  16. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    Si tu le dis.Après... libre à chacun. e d'avoir ses orientations perso.Sinon,l'on devient liberticide. Cela n'empêche pas d'avoir ses opinions, bien sûr.
     
  17. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  18. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    il était ironique ^^
     
  19. Denis
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    DenisMembre du forum Membre actif

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    Homme , 61 ans
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  20. libertaire, anarcho-syndicaliste, auto-gestionnaire, révolutionnaire, anti-fasciste, anti-autoritaire
    Addictologue thérapeute depuis plus de 15 ans, j'aide ces gens en souffrance avec le produit ou autre (achats, jeux, téléphone portable, sexe, travail, médicaments, nourriture, ....). L'utilisation d'un produit quelqu'il soit, de façon addictive, c'est à dire de façon compulsive, donc qui dépasse immensément la notion de volonté, de choix, n'est pas le problème en soi.
    Le réel souci est de savoir ce qui amène la consommation de tel ou tel produit : à ce niveau, il s'agit de bien souvenir de ce que ce que peuvent engendrer des historicités historiques, morales (quelle que soit la confession d'origine), sociales, politiques, démographiques, économiques, et j'en passe.
    L'addiction n'a pas une cause mais s'inscrit dans un réseau de causes multi-factorielles : le seul point commun, la souffrance des personnes étiquetées addictives et le mépris, voir le dégoût qu'elles inspirent profondément aux bien-pensants.
    La prise en charge de ces souffrances n'existe pas aujourd'hui.
    L'humanisme est peut-être le point de jonction entre ces individus et nos idées de bien-être.
    Le débat est long et compliqué : il implique forcément des discussions sur des changements de fond du fonctionnement de la société, changements radicaux.
    Je suis ouvert à tout débat à ce sujet.
    Néanmoins, peut-être une des questions à se poser est : que se passe-t-il qui fait que des gens viennent à DEVOIR SE METTRE IMPERATIVEMENT dans des états psychotropes pour se sentir vivre, être !!!!
    ... réponse spontanée ....
     
  21. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    Juin 2017
    Perso, j’ai été initié au canabis au Quebec il y a plus de 30 ans de ça.
    A cette époque, ça faisait partie des mœurs, on allait boire une bière et fumer un joint.
    Une façon d’etre « dans le même trip », de faire le lien avec les Chums et sa blonde.
    Donc une approche plutôt ludique.
    Et puis ça devient un besoin, sans ça on a vite l’impression de s’ennuyer.
    Ça prend aussi de l’argent parce que c’est pas donné.
    On côtoie aussi petit à petit des gens pas forcement de bonne compagnie ( j’ai failli me faire tuer par un de ceux-là parce qu’il était defoncé et que ma tête ne lui revenait pas )
    Puis je sais pas si ça fait ça pour’ les autres, mais en fumant de l’herbe ou d’un hash on a l’impression d’etre génial alors qu’on est dans un état moindre que lorsqu’on est à jeun.
    J’aime pas ça. C’est fake.
    Enfin la dépendance au produit ôte de sa liberté.
    J’aime pas ça non plus.
    Donc j’ai arrêté ça depuis de nombreuses années. Et il m’a fallu fournir un effort pour le faire; moins que pour le tabac mais tout de même.
    Tiens au Quebec, même dans tout le Canada , le THC à des fins ludiques sera légalisé le 1er juillet 2018.
    ça va remplir les caisses de l’etat.
     
  22. pschrsrgnc
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    pschrsrgncGuest

    Intéressant, j'y reviendrai certainement.
    L'expérience compte,les théories des addictologues au contact, sont souvent généralistes,les associations subventionnées font remonter des 'stats' pour etc....A+
     
  23. Denis
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    DenisMembre du forum Membre actif

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  24. libertaire, anarcho-syndicaliste, auto-gestionnaire, révolutionnaire, anti-fasciste, anti-autoritaire
    Nous sommes bien d'accord : le débat est bcp plus large que le simple bénéfice personnel que l'on peut titer d'un pétard, d'un verre ou d'un somnifère !!!!
    Ces addictions entraînent des besoins psychotropes bien utilisés et exploités par les économies de dominance.
    Le mythe de la Mythidatisation recherchée par les industries fait partie intégrante des budgets de fonctionnement et de recherche des industries tabacologiques, alccoliques et pharmaceutiques.
    L'effet psychotrope est un effet cérébral : il agit sur les neurotransmetteurs (entre autres) permettant au cerveau de "voir la vie en rose" . Si la vie est rose, j'ai moins de souci grâce à ce produit. " Je réussis même à me lâcher au niveau de la personnalité (effet de désinhibition).
    Je ne bois pas pour devenir cirrhotique, je ne fume pas pour devenir cancéreux, je ne me shoote pas pour devenir pour devenir junky, mais parceque cela a bon goût (pour certains) et que celà permet de dépasser des limites que je ne pourrais pas dépasser sinon (extrait des documents que je livre en formation hospitalière) !!! La notion d'addictif est surtout question de la tolérance de l'autre !
    Les "addictifs" se croient libres de leur choix et de leur décision : toute la problématique est là !
    Ils ignorent cependant la notion de cercles vicieux physiologique et neurologique du corps !
    Tout ce que je sais, c'est que ces gens sont en souffrance (et la souffrance de l'un n'est pas celle de l'autre) et qu'il y a lieu de se pencher sur une prise en charge responsable et responsabilitrice de cette souffrance.
    J'ai plein d'anecdotes comme celle de l'Association fondée sur La rochelle dont je faisais partie : le but était, sur la base des recherches neuro-scientifiques et sociales, d'intervenir individuellement auprès des "condamnés" d'agression sexuelle, de rentrer dans les prisons, pour réguler le problème autrement que par la camisole chimique directement en tête à tête avec les détenus : ce projet a été rejeté par le ministère de la Justice en 1985 !
    Je ne vais pas raconter mes démarches de santé publique mais si vous saviez les obstructions auxquelles nous nous heurtons!!!!
    Je reste soignant même si l'on m'a liquidé judiciairement (TGI de Cambrai) le mois dernier et j'ai mes idéaux de santé publique et sociale !
     
  25. Fanya
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    FanyaMembre du forum Compte fermé Membre actif

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  26. social-démocrate
    Le problème de pas mal d'anars est qu'ils concoivent la liberté à sens unique : en "positif". Une "société" anarchiste qui n'accepterait pas une part de "liberté en négatif" ou "négative", qui ferait loi la négation ou du refus de la nature "duale" de l'esprit humain serait mortellement ennuyeuse et dangereurse (utopique).
    La liberté de se faire du mal, de se détruire, d'être addictif à diverses substances ou pratiques violentes ? C'est mal, pas rationnel, libéral, cela heurte la sensibilité de "nos proches" envers lesquels il faudrait se sentir responsables, c'est contraire à la Morale Anarchiste Notre Code De Police Vers La Liberté Et La Lumière Libertaire.
    En fait c'est peut-être seulement dans ce genre de "société" que les anars auraient un véritable rôle subversif à jouer. Car une société pareille ne mériterait que d'être détruite. Mais comme elle n'est pas prête d'advenir...autant se droguer, ou pas, libre à chacun.
     
  27. kuhing
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    kuhingMembre du forum Compte fermé Membre actif

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    La question est : est-ce « naturel » de vouloir se faire du mal ou de s’autodetruire ou est-ce une réaction à l’incoherence sociale qui nous entoure ?
     
  28. Anarchie 13
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    Anarchie 13Adolescent immature Comité auto-gestion Membre actif

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  29. libertaire, anarchiste, chaos/Nihiliste, individualiste
    Ben pour ma part c'est pas une question de morale. C'est pas pour des raisons morales que je condamne l'usage d'exutoires, que ce soit la drogue ou la religion d'ailleurs. Pas question de "code" ou de modèle société. Je vis pas dans un avenir hypothétique, je vis dans le présent.
    -Ce sont les raisons qui poussent les gens à se droguer qui m'intéressent. Je vois pas comment parler de liberté sans s'intéresser aux motivations des gens. On est d'accord pour dire que la pub c'est une manipulation et que quelqu'un qui va acheter du dior juste pour bien paraitre n'est en aucune façon "libre". Donc on combat la pub.
    Idem pour la drogue, les effets de groupes qui amènent à sa consommation. C'est d'autant pire que la drogue a un effet addictif chimique (et pas uniquement social ou psychologique) en tout cas c'est ainsi que je définirais la "drogue". Donc qu'une fois le processus lancé, c'est beaucoup plus dur de s'en détacher.
    Et c'est pour cette raison que la drogue a souvent été un outil pour détruire des luttes sociales.
    Mais je crois que tu n'es pas révolutionnaire fanya. Moi si.
    -J'estime que pour changer les choses durablement il faut s'organiser collectivement. Pour créer les conditions permettant à chacun de vivre librement sans risquer la répression et sans être influencé par des structures sociales dont les intérêts sont indépendants des besoins que les individus ont en commun, il faut s'organiser collectivement. Et la drogue est un obstacle à ça.
    ça fait deux raisons pour tenir une position (collective et non pas individuelle, donc pas dans les interactions de face à face) intransigeante vis-à-vis des drogues. ça veut pas dire poursuivre les dealers mais organiser l'autodéfense contre des entreprises (mafieuses) qui, pour défendre leurs profits, hésiteront pas à s'attaquer à la lutte sociale. ça veut pas dire moraliser les consommateurs mais proposer des solutions aux gens qui veulent arrêter et n'y arrive pas, même si elles ne se le reconnaissent pas à elles-mêmes.
    Pour moi certains usages de la drogue sont des palliatifs à l'isolement face à des situations difficiles (soucis dans la sphère familiale, soucis avec la justice, au travail...). Comme on est isolé on se sent impuissant et plutôt que faire front on va essayer d'oublier la réalité. Rien que le fait de proposer des moyens de lutter contre les patrons tyrans, contre l'oppression de la sphère familiale, de proposer de la compagnie, des activités, ça suffit pour moi. C'est ça que j'appelle "proposer des solutions" et ça ne nécessite en effet pas qu'une personne reconnaisse avoir des problèmes d'addictions et donc consommer sans le vouloir. D'ailleurs c'est quand t'as des activités que tu te rends compte de l'addiction. Parce que c'est à ce moment que tu te rends compte que la drogue peut t'handicaper. Si tu fais du sport et que t'aimes ça et que tu vois que fumer des joins ça t'éloigne de ça, ça te fout la flemme, (c'est mon cas ça) ben tu te rends compte que c'est pas aussi simple d'arrêter, que t'es pas capable de le décréter et donc que t'es pas "libre".

    Après y a bien sûr d'autres usages de la drogue, mais plus occasionnels alors. Et d'après moi c'est plus le fait de la petite-bourgeoisie. Après c'est mon vécu personnel mais c'est à la fac que j'ai croisé le plus de gens qui sont inconditionnellement pour la dépénalisation / légalisation du cannabis. J'ai le sentiment que dans les quartiers, pour des fumeurs aussi, c'est beaucoup plus ambigu. J'écoute beaucoup de rap et pour la plupart des rapeurs de milieux populaires que j'écoute y a des critiques de la drogue comme quoi c'est un exutoire, comme quoi c'est un moyen de supporter la routine et de "rester calme".
    Puis plusieurs fois j'ai entendu des gens se dire pour la légalisation en faisant mine d'être concernés mais qui me disait pourtant fumer "un join de temps en temps". Pour moi ça a rien à voir avec les deux à trois joins que je fume par jour (quand j'ai) ou la dizaine que peuvent atteindre des potes à moi. Alors voilà ça me pose des questions quand des fumeurs occasionnels sont plus pro-légalisation que des fumeurs réguliers. Après c'est que mon expérience, mais ça me pose question...
    Mais si des gens fument et kiffent ça et arrivent à gérer, ben y a pas de problème. Même de manière général, si quelqu'un en pleine possession de ses moyens s'autodétruit ben j'ai rien à dire. Mais la majorité des gens qui s'autodétruisent ne le font pas dans ce but, ils n'apprécient pas les effets destructeurs de la drogue - ou autre. Puis même en général, la question de kuhing est bonne...
     

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